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Décryptage des relations Startups – Grands Groupes - Le cas FoodChéri

Décryptage des relations Startups – Grands Groupes 

FoodChéri, c'est un restaurant sans salle créé en 2015, des chefs passionnés qui cuisinent chaque jour des repas maison préparés à partir de produits sélectionnés pour leur qualité et livrés au bureau ou à domicile, au déjeuner et au dîner. La brigade se charge de dénicher des producteurs passionnés et de sélectionner des produits locaux cultivés ou élevés avec amour. Chaque jour, une dizaine de plats sont proposés à la carte pour satisfaire tous les appétits. En Janvier 2018, le groupe Sodexo injecte entre 13 et 16M€ pour permettre à la startup de consolider son offre et accélérer son développement, en France dans un premiers temps. Cette opération est la première initiative de rachat, en France, d'une start-up du secteur de la Foodtech par un géant historique.

 

Quelques chiffres sur FoodChéri :

- Création : 2015
- Fondateurs : Patrick Asdaghi, Julia Vernin, David Ginat
- Siège : Paris
- Une centaine de collaborateurs dont deux tiers en cuisine ou logistique
- 60 000 repas livrés chaque mois

Questions à Patrick Asdaghi, CEO de FoodChéri !

 

Lorsque FoodChéri a souhaité réaliser cette levée de fonds, recherchiez-vous en priorité des fonds corporate spécialisés?

 

Avant de chercher des fonds, nous avions déjà un contact étroit avec Sodexo et le directeur de l’innovation digitale nous avait même donné le kick-off : « On va faire quelque chose ensemble ». Nous avons également regardé des fonds classiques mais ces derniers ne nous convenaient pas. Nous étions davantage intéressés par les fonds corporate comme Unilever ou Carrefour. Nous étions convaincus de la nécessité de reproduire les modèles américains de startups à la croisée d’un modèle traditionnel et d’un modèle tech qui se rapprochent de grands groupes bien ancrés. Le rapprochement avec un grand groupe  que l’on pouvait challenger sur une activité historique nous semblait naturel : pour Sodexo, ce rachat était une opportunité de réinventer l'expérience de leurs consommateurs et d’adapter leurs offres pour répondre aux nouvelles tendances de consommation (nomadisme, simplicité, hyperréactivité).

Quelle était la valeur attendue d’un acteur comme Sodexo, en comparaison avec les précédents fonds présents au capital?

 

L’atout principal attendu pour notre intégration comme core business était la création de synergies fortes et durables. Celles-ci auraient été nettement moindres en tant que startup indépendante simplement accompagnée par le Groupe. Un deal minoritaire nous aurait ouvert moins de portes; le deal majoritaire s’est donc imposé et avec lui, l’opération de M&A. Le tout s’est donc fait en dehors de la structure de Sodexo Ventures pour faire de FoodChéri une véritable entité / filiale de Sodexo.  

Qu'a changé l'investissement de Sodexo en termes d'ambition pour FoodChéri, de moyens techniques, humains et de réseau?

 

Le principal bénéfice dont notre organisation a bénéficié a été la recréation d’une chaine logistique complètement intégrée. Nous allons également pouvoir bénéficier du réseau B2B de Sodexo pour croitre plus rapidement ! Concernant l’aspect humain, les fondateurs restent aux commandes et pilotent le développement, accompagnés de l’équipe initiale. Notre dynamique et notre manière de travailler n’a pas vocation à changer ; l’objectif de Sodexo est de nous laisser une totale autonomie. D’un point de vue financier, le rachat a permis aux précédents investisseurs (dont 360 Capital Partners et Breega Capital, lead investors) de sortir du capital.

 

Des experts/ressources de Sodexo sont-ils impliqués dans le développement opérationnel de FoodChéri depuis le début de ce partenariat? 

 

Une contrôleuse de gestion de Sodexo nous a rejoints en tant que responsable financière, principalement pour des besoins de conformité du fait de l’intégration au groupe, que nous n’avions pas auparavant. Par ailleurs, tous les sujets de synergies et les interactions qui en découlent sont orchestrés par des membres de l’équipe digitale de Sodexo. Aujourd'hui, l'équipe de FoodChéri compte 30 personnes en central et plus de 100 cuisiniers composent notre brigade.

 

Quelle est autonomie de FoodChéri depuis ce partenariat (axes de développement stratégiques, partenariats commerciaux…)?

 

Nous bénéficions d’une gouvernance qui nous laisse beaucoup d’autonomie : Sodexo privilégie la création de synergies. C’est la première fois que Sodexo investit dans une startup sur ce format. Beaucoup d’éléments sont donc nouveaux pour les équipes qui nous accompagnent et les chantiers qui en découlent ont nécessité un changement des mentalités. Les choses ne se déroulent pas forcément plus lentement ou lourdement parce que nous sommes dans un grand groupe : une fois que les synergies sont identifiées ça peut aller vraiment vite !

Contact : studio@sia-partners.com

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