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11.08.2018 #news

Les startups stars de la mobilité de demain, présentées à Autonomy

Sia Partners a assisté ce 18 et 19 octobre au Salon Autonomy sur la mobilité urbaine. De nombreuses entreprises et startups du secteur ont répondu présentes à cette 3ème édition pour imaginer la mobilité de demain.

Le futur de la mobilité y a été présenté comme multimodal, incorporant cinq grandes tendances :

--- La mobilité active

--- L’analyse de données

--- Les solutions électriques

--- La mobilité partagée

--- Les véhicules autonomes

Le salon était une illustration efficace de ces grandes tendances et en particulier des solutions électriques avec de nombreux exposants présentant vélos, trottinettes et scooters.  C’était également l’occasion pour des startups venues du monde entier de présenter leurs solutions auprès d’investisseurs lors de la journée « Funding the Movement ». Sia Partners a ainsi pu écouter et identifier les startups disruptives de la mobilité de demain. Quels sont les acteurs à suivre attentivement ? Réponse dans notre analyse, tendance par tendance.

Les solutions de mobilité partagée autour du covoiturage

Alors que le marché du covoiturage longue distance est trusté par Blablacar en France, les startups s’attaquent aujourd’hui aux courtes distances, notamment pour les trajets quotidiens vers le lieu de travail, en choisissant des modèles très différents.

La startup Karos, au-delà de mettre à disposition des conducteurs et passagers une plateforme de covoiturage, utilise l’intelligence artificielle pour analyser les habitudes de ses clients, et ainsi gagner en fiabilité et en flexibilité. Le petit plus de Karos ? sa solution est multimodale, et propose donc le trajet optimal combinant covoiturage et transports en commun. La startup détiendrait déjà 69% de part de marché du covoiturage en Ile-de-France. Un de ses concurrents, la start-up franco-indienne Zify a créé une plateforme de covoiturage déjà déployée en Inde et en France et bientôt au Danemark. Leur développement sur le segment des courtes distances se fait via des partenariats, avec des entreprises ou des villes, pour qu’elles puissent proposer une solution personnalisée de covoiturage à leurs employés (gamification possible pour inciter les employés). Le risque étant qu’une fois que les employés ont identifié le bon collègue, ils n’aient plus besoin de Zify…

Enfin parmi les solutions de voiture partagée, la startup néerlandaise Juuve basée, à Rotterdam, propose de mettre à disposition des flottes de véhicules partagés par projet immobilier afin d’optimiser l’espace au sein des villes. Les voitures, actuellement proposées grâce à un partenariat avec BMW, se louent à la journée, et sont stockées dans le parking de l’immeuble. Juuve qui a validé son concept dans son pays d’origine souhaiterait à présent s’attaquer au marché français.

Les solutions de mobilité partagée autour des vélos et scooters 

Les solutions de mobilité partagée présentées vont au-delà du partage de voiture, et repensent en profondeur le concept de propriété des véhicules utilisés.

Ainsi, Felix, start-up française co-fondée par deux frères parisiens, est le premier service de partage de scooters électriques avec chauffeurs. Leur facteur différenciant : proposer des trajets qui iraient deux fois plus vite qu’en VTC, pour un prix moindre. Contrairement aux sociétés de VTC existantes, , les scooters Felix n’appartiennent pas aux chauffeurs, et sont partagés, ce qui permet d’optimiser l’utilisation des véhicules. Leur objectif est d’atteindre 3% du marché des VTC d’ici 2022, ce qui leur permettrait d’être rentable.

Les flottes de vélos partagées ont, quant à eux, le vent en poupe. Billy est venu confirmer le succès de son positionnement haut de gamme à Bruxelles, ce qui était loin d’être gagné au vu des nombreux vélos concurrents endommagés. La chaine obligatoire lors de la pause du vélo jouerait notamment un rôle et est très appréciée des municipalités. Un déploiement sur Paris est prévu pour 2019. Celui-ci s’annonce compliqué, car des acteurs comme Zoov déploient le même modèle en ce moment dans la capitale.  Pony, lance des POCs à Angers et à Oxford avec un autre modèle. La grande différence ? Les vélos de la flotte sont financés par des individus ;   pour environ 200€, Pony vend ses vélos, en échange d’un accès gratuit à la flotte et de 50% des revenus de location. Les vélos étant garantis 18 mois, le retour sur investissement est censé être généreux pour les utilisateurs.  L’avantage pour Pony est double ; le besoin en capital est beaucoup plus faible et la croissance se fait de manière organique car ils espèrent que les utilisateurs investiront à leur tour dans la flotte. Lancé le jour du Salon Autonomy, Pony a vendu ses vélos en moins de 30 minutes et 2000 personnes sont sur liste d’attente. Il faudra maintenant prouver que les coûts de maintenance de la flotte sont suffisamment bien gérés pour rendre les vélos profitables.

Enfin, parmi les solutions centrées autour du vélo, K-Ryole a fait forte impression avec leur technologie qui repense la logistique urbaine.

Leur produit, une carriole motorisée qui peut s’attacher à un vélo classique ou électrique, permet à tout personne voulant transporter un colis pesant jusqu’à 250 kg de pouvoir le faire sans effort supplémentaire. Orientée B2B, K-Ryole compte déjà comme clients La Poste, Auchan ou bien Leroy Merlin. Avec sa chaîne d’assemblage conçue par Renault, la startup commence tout juste son industrialisation. Prometteur.

Les solutions d’exploitation des data et d’optimisation des flux

L’optimisation des flux est le challenge des villes avec l’augmentation de la population urbaines et la densification des flux. Certaines startups choisissant d’utiliser les données des transporteurs ouverts à l’open data, d’autres réfléchissant à d’autres manières de collecter les données de flux. 

WeBreathe, start-up française, est spécialisée dans la gestion intelligente des flux de personnes appliquée aux marchés des transports et des villes. Leur solution associedes boitiers qui comptent le nombre de personnes dans les bus et aux arrêts, et un logiciel qui permet d’analyser les flux. La solution de WeBreathe est en cours de testà Amiens et permet ainsi à l’opérateur d’optimiser son réseau. Ils souhaitent maintenant étendre l’analyse des flux humains à d’autres marchés comme le retail (magasins) ou de lieux publics (stades, musées…). Les données que produisent leurs capteurs peuvent donc jouer un rôle précieux pour les entreprises. Cette collecte de données est faite différemment par MotionTag qui récupère les données depuis les capteurs des smartphones des utilisateurs. Leur modèle est celui d’une plateforme car ils offrent une expérience intégrée aux utilisateurs et des données de flux aux opérateurs. Leur ambition est de proposer un ticket qui intègre plusieurs modalités et qui est personnalisé aux besoins de l’utilisateur. Cit.io, qui apparaissait pour la première fois en public au salon Autonomy, a également une solution qui repose sur l’IA et la Big Data afin d’optimiser les réseaux de transports publics. La startup française propose une solution qui au travers de l’analyse de données opérationnelles et de billettique, permet d’optimiser le transport public. Plutôt que de collecter des données, Cit.io préfère utiliser celles que les opérateurs ont déjà mais qu’ils ne savent pas exploiter. Ils travaillent actuellement en partenariat avec RATP Dév pour implémenter leur solution dans plusieurs villes.

Enfin, Mobeelity, startup française, propose aux entreprises de réduire les coûts de mobilité de leurs employés grâce à une plateforme intermodale de mobilité regroupant en temps réel les services de transports publics et les transports privés de l’entreprise.  Leur avantage concurrentiel : la mise en avant d’un « green behavior » au sein des entreprises, un système de points incitatifs à la manière des miles. Cibler les grands groupes permet d’avoir un business model plus convaincant que City Mapper ; tout le challenge, réside dans l’adoption au service par les employés !  

Les startups qui se positionnent sur le marché du véhicule personnel

Dans cette catégorie certaines startups se positionnent en partenaires des constructeurs automobile, pour rendre plus intelligent le véhicule électrique. D’autres se positionnent sur le marché porteur du véhicule autonome.

Filiale du groupe Eneco, Jedlix est une startup spécialisée dans la recharge intelligente de véhicules électriques L’idée derrière l’application mobile est d’optimiser la consommation d’électricité pendant la recharge de la voiture. La startup collabore donc avec Renault depuis 2015, et construit des partenariats aussi bien avec des constructeurs automobiles qu’avec des stations essence. Dans le même domaine, la startup française SmartGreenCharge souhaite mettre en place des stations de recharge autonomes pour véhicules électriques qui utilisent des énergies renouvelables pour s’alimenter. Leurs stations peuvent être déployées en 12 semaines sans permis de construire.

Fondée en 2014, Drust conçoit, développe et commercialise des solutions logicielles intelligentes pour valoriser les données issues des véhicules connectés. Drust met à disposition de ses partenaires son expertise pour cocréer leurs offres de service dédiées aux voitures connectées. Leur plateforme permet ainsi aux assureurs et aux constructeurs automobiles d'améliorer le comportement de conduite de leurs clients. Pour préparer l’ère du véhicule autonome, Valeraan, startup israélienne récompensée 8 fois en 2017, a développé des capteurs intelligents pour rendre les routes « smart ». Ces capteurs placés sur des routes collectent des données sur les véhicules et la condition de la chaussée, permettant ainsi d’améliorer la gestion du trafic, le contrôle de vitesse et la sécurité routière.

Parkbob, start-up autrichienne, organise les données relatives au stationnement dans le monde et les transforme en informations exploitables pour permettre de meilleures décisions en matière de mobilité. Parkbob fournit des informations détaillées sur les règles et les restrictions qui déterminent le stationnement dans les villes, en traitant des données qui proviennent des centaines de sources. Parkbob souhaite ainsi faciliter la navigation urbaine, le partage de véhicules et l’arrivée des véhicules autonomes, en transformant l’expérience lors du « dernier mile ».

Les startups sont hyper actives sur les thématiques de la mobilité de demain ! Le salon Autonomy a ainsi permis de mettre en valeur des projets français et étrangers qui promettent de transformer le quotidien de tous.

 

3 questions pour Lucas Quinonero, CEO de Mobeelity

 

Peux-tu nous présenter Mobeelity en un tweet ?

Mobeelity propose un agrégateur de solutions de mobilité (MaaS) dédié aux entreprises. Son app optimise les déplacements des collaborateurs et récompense les comportement vertueux grâce à un système de monnaie virtuelle indexée sur les économies carbone. Sa plateforme web permet aux entreprises le développement de leur "mobility management".

 

Ta vision de la mobilité urbaine à 10 ans ?

Ce qui va révolutionner la mobilité, c'est la multimodalité. Les gens vont en effet s'orienter davantage vers une mobilité d'usage en diversifiant leurs modes de transport, notamment grâce à l'apparition de nouvelles solutions de free-floating, mais aussi des véhicules autonomes, qui vont entraîner la disparition des véhicules personnels. La diversification d'une offre, pouvant concurrencer le véhicule personnel et les transports en commun, permettra d'amener les gens à diversifier leurs modes de transport. Cette diversification leur permettra de réaliser des gains en temps, confort, liberté, mais aussi de Co2 car la conscience environnementale ne va cesser de se développer dans les 10 prochaines années.

 

La ville qui te semble la plus exemplaire en termes de mobilité ?

Des villes que j’ai visitées, Singapour m’est apparue comme la plus exemplaire en termes de mobilité. La ville présente une modernité avant-gardiste et a été pensé autour de la mobilité. Le responsable de l’urbanisme de Singapour, lors de ses déplacements à l’international, a fait le constat édifiant que la route reliant le centre-ville et l’aéroport était souvent morne et encombrée (il suffit de penser à celle menant à l’aéroport Charles de Gaulle). Réalisant que cette route est le premier contact d’un visiteur avec Singapour, il a fait construire une route très large, magnifique dans sa construction et l’agencement des abords, suivant un parcours précis permettant d’apercevoir les monuments majeurs de la ville. Les transports publics sont propres, efficaces et agréables. Dans l’ensemble il y a très peu de congestion routière, et ce grâce à un système de péage urbain dynamique, puisque le prix varie en fonction de la fréquentation de la route afin de dissuader les automobilistes de n’avoir recours qu’à leur véhicule. En outre, la ville s’est lancée dans la construction d’un nouveau quartier d’expérimentation au sein duquel véhicules autonomes et volants sont testés. Ces expérimentations leur permettant de creuser encore leur avance en comparaison aux autres grandes métropoles.

 

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