Observatoire international des e-fuels, édition…

Des filières régionales des e-fuels à l'aube de leur industrialisation.
La seconde édition de l’Observatoire international des e-fuels confirme l’essor des filières des e-fuels, avec près de 120 projets de taille industrielle identifiés dans 28 pays, portés par des objectifs de décarbonation renforcés dans les secteurs maritime et aérien.
Réalisée par Sia pour le compte du Bureau français des e-fuels, cette publication dresse un état des lieux approfondi du développement des filières e-fuels à l’échelle mondiale. Elle propose également une cartographie détaillée des projets en cours, des politiques publiques mises en œuvre et identifie les principaux défis technologiques et économiques restant à surmonter.
Il résulte des travaux menés que deux pôles se distinguent dans l’émergence des filières e-fuels, à des fins de décarbonation des mobilités lourdes et des industries : la Chine, représentant 60% des capacités de production d’e-méthanol en projet et l’Europe, concentrant 65% des capacités de production d’e-kérosène en projet.
Les capacités de production annuelle cumulées des projets de grande échelle, définis par un volume de production d’au moins 50 000 tonnes équivalents pétrole (tep), se montent à 18 500 ktep. Cela équivaut à la consommation en énergie primaire de 5,6 millions de français.
Le e-méthanol concentre 65 % des capacités annoncées, avec pour finalités la décarbonation du secteur maritime et la substitution au méthanol fossile utilisé dans l’industrie chimique. La filière e-kérosène représente 25% des capacités de production d’e-fuels en projet.
Ces initiatives, réparties sur tous les continents, varient considérablement en dimensionnement et en niveau de maturité, témoignant de l’intérêt croissant pour ces carburants de synthèse dans la transition énergétique par une grande diversité d’acteurs de tailles différentes.
La réglementation européenne encourage à la décarbonation des transports et des mobilités lourdes, avec des contraintes particulièrement fortes dans le domaine de l’aviation via des mandats d’incorporation obligatoire de carburants alternatifs (réglementation ReFuelEU Aviation). La filière européenne d’e-kérosène représente ainsi 75% des capacités mondiales en projet.
Le volume de production d’e-kérosène en projet sur le continent représente 3,3 millions de tep (environ 4 milliards de litres). L’application de la réglementation ReFuelEU Aviation pourrait aboutir à une demande du même ordre de grandeur à horizon 2035.
Pour rester dans la course, l’Europe doit cependant s’assurer de la prise de décisions finales d’investissement en 2025-2026, alors que 8 projets de production d’e-méthanol situés en Chine ont déjà franchi cette étape.
Toutefois, bien que techniquement avancés, les projets européens ne pourront se concrétiser qu’avec la confirmation de soutiens publics permettant de sécuriser les modèles d’affaires des premiers projets. Une approche pragmatique sur les sources d’électricité bas-carbone et de CO2 éligibles sera également nécessaire.
La France ambitionne de devenir pionnière dans le développement des projets de carburants et molécules synthétiques. Elle dispose pour cela de plusieurs atouts, notamment un mix électrique en grande partie bas carbone, un grand savoir-faire technologique et technique et des infrastructures permettant d’accueillir les carburant « drop-in » que sont les e-fuels.
Le pays compte à lui seul près du quart des capacités de production d’e-fuels en projet recensé en Europe.
Dans ce contexte, le Bureau français des e-fuels, lancé en juillet 2023, a vocation à réunir experts, professeurs, chercheurs, universitaires, industriels, techniciens et financiers, pour promouvoir le rôle des e-fuels dans les secteurs les plus difficiles à décarboner dont les transports aérien et maritime. Il défend l’émergence d’une filière française. Le Bureau français des e-fuels compte aujourd’hui une cinquantaine de membres, représentatifs de l’ensemble des ces nouvelles chaînes de valeur industrielles.
Plus de précisions sur le site du Bureau français des e-fuels.